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EN PETITES TRANCHES, LE PROJET D’AMÉNAGEMENT DE L'AVENUE DE PROVENCE A ÉTÉ PRÉSENTÉ LUNDI SOIR

Dans la salle des mariages, une cinquantaine de personnes , élus et techniciens compris, ont écouté la présentation détaillée du projet (avant projet-sommaire) répondant au cahier des charges de la municipalité, et déjà étudié par le conseil. Dans une salle mi-éclairée, mi-obscure, la projection des nombreuses "tranches" - sans vue d'ensemble- de la future avenue était accompagnée, trois heures durant, de commentaires précis et argumentés du maire relayé par Laurent David du cabinet d'expertise géomètre de Romans.Le même cabinet qui a dessiné le réaménagement de la place de la mairie, et la zone du Pas du Buis (Mc Donald). En partant du giratoire du Rousset, l'exposé amena jusqu'aux feux de la Poste. D'entrée, le maire indiqua les différentes contraintes, réglementations et options qui encadrent le projet. Durabilité, facilité d'entretien, utilisation de l'emprise de la route actuelle, zones de circulation séparées pour les voitures et poids lourds d'un côté, piétons, poussettes et vélos de l'autre. Inscription de l'avenue en zone urbaine, avec une vitesse limitée à 50 kms/h.
Projetés, les plans "à plat" ne disent pas grand chose des volumes, des reliefs et des circulations. Le volet paysager sera vu plus tard. Les travaux devraient débuter avant la fin 2012 et se poursuivre en 2013. Ils représentent un montant estimé aujourd'hui à 1.500.000 €.

Le public avait de nombreuses interrogations, des questions précises etdes propositions à soumettre.  La première intervention fut celle d’un représentant de l’association Vivre à Saint-Marcel (VSM)qui avait écrit au maire pour lui signifier son souhait d’être associé au projet et avait pu préalablement adresser ses observations. Il s’interrogea sur la" méthode utilisée par les élus, regrettant l’absence d’un diagnostic partagé entre le plus grand nombre, avant le lancement de l’étude technique proprement dite. Ceci aurait permis de définir les points d’accord et priorités  en matière de sécurité, de circulation routière, d’esthétique mais également d’aménagement du centre ville pour en faire une zone conviviale".  Le maire rappela les contraintes définies par les élus dans le cahier des charges, répondant de façon humoristique à la demande de consultation: « on n’a plus, dans les effectifs,  de poste de sergent major qui passe dans la campagne avec le tambour ». En terme de méthodologie, Laurent David expliqua que le travail avait été élaboré à partir du comptage du trafic routier constaté sur cet axe (9.000 véhicules /jour). Des  questions et propositions ont été faites par les personnes présentes : en matière de vitesse, de stationnement, d’embouteillages, de croisements entre piétons, poussettes, vélos et voitures.
 "Cherchons des solutions, ne nous limitons pas seulement à la réglementation".
Une bonne partie des débats a porté  sur la circulation au cœur du village, avec une forte préoccupation concernant la vie future au centre, face à la poste, aux passages piétons et aux feux rouges. Beaucoup craignent un engorgement entraîné par les parkings qui remplaceront les épis actuels devant la poste. A chaque observation, des réponses techniques, liées notamment à l’évolution de la réglementation, ont permis de comprendre le projet présenté. 

Nos observations:
- la question posée par VSM était importante, et la réponse fut... ironique! Derrière ces réaménagements importants au coeur de la commune, pointe l'interrogation concernant la manière de vivre, d'habiter et de circuler ici. Quelle place accorder à la voiture et aux parkings ( qui sont au centre de beaucoup de réponses municipales), quels sont les espaces de circulation piétonne, d'échange prévus pour ceux qui veulent "habiter" la ville, pas seulement la traverser? Cette question déjà posée lors de la présentation de la place de la mairie n'a pas trouvé de réponse claire: quelles liaisons entre la place de la mairie (jusqu'à la pharmacie), l'espace des Micocouliers, la Place des Monettes, l'espace prolongeant les Monettres devant la poste et le magasin 8 à 8?
- Le projet prévoit "un plateau traversant" devant l'esplanade des Micocouliers, pour ralentir les piétons, mais plusieurs se sont interrogés sur l'utilisation effective de cet espace alors que toutes les  voitures stoppées au feu rouge viendront en file barrer le passage des piétons. En discutant préalablement de la manière dont les habitants (et pas seulement les voitures) s'approprient et se représentent ces espaces, les propositions techniques auraient sans doute été différentes. C'est ce qu'ont montré les échanges concernant le nombre de places de parking existantes (placedes Monettes, Poste, voie le long du trottoir de l'Esplanade des Micocouliers) qui ne sont qu'occasionnellement totalement occupées , alors que le projet  en prévoit de nouvelles, en supprimant le stationnement en épi devant la poste. Les techniciens ont comptabilisé le trafic routier, mais a-t-on observé la manière dont les saint-marcellois petits et grands, s'approprient les espaces publics, les souhaits qu'ils expriment pour le futur? La soirée a montré que le débat amenait des propositions, à discuter, pratiques, et dignes d'être entendues. 
- On a évoqué l'aspectr pas très esthétique des abords des maisons nouvellement construites.  Lors du conseil municipal du 8 Juillet 2010, une question a été soulevée  par  Christophe Crozet, conseiller d'opposition. Il rappelait que le Plan Local d'Urbanisme adopté en 2006 indiquait: "les opérations devront donc prévoir: un espace libre important le long de l'avenue de Provence avec un recul des constructions et un alignement obligatoire figuré au plan de zonage à 25 mètres de l'axe (règle architecturale particulière).Une piste  piétons et cycles indépendante de la voirie sera créée le long de l'avenue de Provence dans la zone non aedificandi".Le maire avait assuré que des mesures seraient effectuées. Cette distance a-t-elle été respectée?
- Qu'en sera-t-il des jonctions sécurisées pour les pietons, les poussettes, les véhicules motorisés de personnes handicapées (la commune comprend plusieurs lieux d'hebergement  dispersés), et les vélos: au Rond Point du Rousset, mais surtout dans la "zone partagée", à sens contraires, devant l'immeuble HLM?
Cette soirée aura permis un échange intéressant. En conclusion le maire indiquait qu'"on pouvait améliorer encore le projet, mais qu'à un moment donné, il faut garder un certaine logique". 


Voici la réflexion que propose Nicolas Soulier de la rue:

"La rue n'appartiendrait-elle pas uniquement à la collectivité territoriale ?
Nicolas Soulier : Mais non. Dans certains quartiers, la rue est aussi constituée pour une bonne part - peut-être pour une part majeure - par le cadeau qu'offrent les riverains à la communauté. Non seulement ils "cèdent" un terrain qu'ils végétalisent et où ils garent leur voiture, mais encore ils donnent à l'espace public une partie de leur vie privée. Ces riverains se tournent vers l'espace public. Il ne s'agit pas de bourgeois se pavanant mais de gens du bord et de leur présence chaleureuse. Sans cela, la rue serait un lieu étanche, mort. Alors, vous n'avez plus envie de donner sur la rue ; au contraire, vous lui tournez le dos et vous vous repliez sur l'intérieur. Du coup, la rue est niée : elle n'est qu'une voie de circulation. Et c'est l'origine d'une cascade de petites choses qui se délitent. Si 50 fenêtres peuvent s'ouvrir lorsqu'on appelle à l'aide, c'est plus rassurant que la présence de caméras de surveillance qui enregistrent la scène."
Nicolas Soulier est professeur à l'école nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette.

Faites-nous part de vos commentaires à l'adresse mail tincoubert@gmail.com  sur la colonne de gauche.

EN PETITES TRANCHES, LE PROJET D’AMÉNAGEMENT DE L'AVENUE DE PROVENCE A ÉTÉ PRÉSENTÉ LUNDI SOIR EN  PETITES TRANCHES, LE PROJET D’AMÉNAGEMENT DE L'AVENUE DE PROVENCE A ÉTÉ PRÉSENTÉ LUNDI SOIR Reviewed by Coubert on samedi, mars 31, 2012 Rating: 5

1 commentaire:

  1. A propos de la règle d'alignement à 25m de l'axe de l'avenue de Provence pour les constructions nouvelles (PLU à partir de 2006), comment se fait-il que les maisons ont été construites si près de la route (clôtures à 6 m de l'axe, façades à 11 mètres environ)? N'y a-t-l pas un contrôle de conformité des constructions réalisées avec le permis de construire accordé?

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