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LE SPECTACLE "DJIHAD": UNE RENCONTRE QUI A REMUE LE NOMBREUX PUBLIC VENU A L'ESPACE LIBERTE

Merci à la jeune association valentinoise M2M, d'avoir proposé à la MJC et à la commission culturelle municipale, qui l'ont accepté,  d'accueillir ce spectacle courageux. 
Voir les photos de Inno Nino: ICI

Trois belges font leurs préparatifs pour "faire le Djihad" en Syrie. Bien sûr ils sont arabes et musulmans, et bien sûr leur trio est composé du recruteur Ben, stratège et idéologue, du révolté convaincu Ismaël et de Reda, celui qui suit, un peu naïf et qui part sans que l'on sache très bien pourquoi.
Dès la première minute Ismaël Saïdi s'amuse des clichés et des idées reçues, et il nous donne à penser que cet odyssée nous réserve bien des surprises. L'objectif du trio est atroce et prévisible: tuer des mécréants. Mais malgré cela, pourquoi ces trois là nous sont-ils proches, familiers parfois?
Parce que le passage à l'acte ne va pas de soit. En dépit des pires reproches qu'ils puissent "nous" faire sur notre incapacité à les accepter tels qu'ils sont, ils parviennent à nous gracier après nous avoir placés dans la ligne de mire de leur kalachnikov. Ils voient, comme nous le voyons parfois, qu'être arabe ne veut pas dire être musulman, que la religion peut être manipulatrice, et que l'écoute de l'autre peut gommer d'irréductibles différences que l'on pensait jusqu'alors réduire par la force et l'élimination.

Au fur et à mesure que se développe le récit, nous découvrons, comme si cela était une surprise, que comme nous, ils ont connu la frustration de n'avoir pu réaliser un rêve d'adolescent, comme nous ils ont voulu ressembler à leur idole et comme nous ils ont été amoureux fous. Et bien oui, malgré trois générations de cohabitation rugueuse et d'exclusion, nous découvrons qu'eux aussi souffrent, se passionnent et sont amoureux. En cultivant les différences, notre monde, nos religions ont provoqué ce schisme social alors que l'essentiel peut être partagé par tous.

Merci Ismaël Saïdi de nous avoir rappelé que nous avons tous en nous cette capacité à regarder, à accepter et à aimer un autre différent. Pourquoi n'utilisons nous pas davantage cette capacité? Ne comptez pas sur lui pour désigner UN responsable, il nous renvoie tous dos à dos sans jamais abandonner le regard plein d'humanité qu'il pose sur chacun. En quittant cette l'Espace Liberté avec regret c'est cette dernière vision que les spectateurs ont emporté avec eux.
AP
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LE SPECTACLE "DJIHAD": UNE RENCONTRE QUI A REMUE LE NOMBREUX PUBLIC VENU A L'ESPACE LIBERTE LE SPECTACLE "DJIHAD": UNE RENCONTRE QUI A REMUE LE NOMBREUX PUBLIC VENU A L'ESPACE LIBERTE Reviewed by Coubert on samedi, octobre 08, 2016 Rating: 5

6 commentaires:


  1.         Pièce avec des passages intéressants et d’autres inacceptables
                     la façon dont sont dits et présentés certains tableaux montrent l’écart de pensée avec notre sensibilité, 
                     la ou les  différences de comportements ,  d'analyses, de mots ressortent   Quelle analyse en faire?
       
        Quant aux deux derniers tableaux c'est une attaque en règle de notre société Le retour à la vie civile peut poser question mais   la discrimination sur la société l'école et les non aides sont inacceptables Les aides en tout genre existent , Ce tableau n'est pas fait pour rapprocher les gens.  EN brut ma réflexion.

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  2. J'ai vu la pièce de théâtre belge « Djihad », quatre acteurs qui m'ont interpellée.
    Je me suis très vitre laissée aller dans le récit de leur vie de jeunes ados et jeunes adultes. Les quatre personnages (musulmans pratiquants) avaient des choses à révéler sur leur enfance, leurs ressentis, sur leurs appréhensions et sur leur volonté de nous faire comprendre en tant que musulmans ce qu'ils vivaient à nos côtés. Ils nous ont fait vivre ce que beaucoup de syriens et de personnes vivent pour faire le djihad. Je n'ai pas pu sourire tellement c'était profond d’actualité.
    Le débat à la fin du spectacle a permis un échange franc avec l'auteur et metteur en scène, Ismaël.
    Mais j'ai senti qu'il y avait encore beaucoup de chemin à faire pour que toutes les communautés religieuses se connaissent et se serrent la main.
    Ils m'ont donné l'espoir, même lointain, de pouvoir s'accepter comme l'on est avec nos cultures différentes, ( mais aussi semblables )nos coutumes, nos fêtes... Quelle richesses avons-nous !

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  3. J'ai beaucoup apprécié « Djihad ». Bien qu'avertie j'ai été d'accord avec leur explication sur l' « intégration » et en même temps ils m'ont ouvert les yeux sur d'autres points comme la responsabilité des parents ?, de notre société ?, sur le départ de ces jeunes qui se font manipuler pour partir. Et on se rend compte que le chantage est là, et la peur s'installe. Comment réagir ?

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  4. Sur un mode comique, les trois jeunes, sorte de pieds nickelés, nous invitent à une réflexion sur l'engagement tragique de jeunes fanatisés. Les dialogues sont simples, jamais simplistes, et l'échange qui a chaleureusement suivi le spectacle a apporté à beaucoup un moment de sérénité recherchée en cette période où les religions sont encore invoquées pour justifier rejets, guerres et replis. Toute l'odyssée des jeunes personnages, se déroule sur fond de nuages, entre ciel et terre, comme s'ils cherchaient à s'évader de la terre et ses réalités. Et toutes les interrogations échangées, souvent sans réponse, nous ramenaient à celle du « nous » : pourquoi dites-vous que nous ne formons pas un « nous », en parlant d' « eux » et « nous ». Pour l'auteur la dérive des jeunes est le fruit à la fois de ressentiments nés de processus d'exclusion sociale et d'une pression dans leur propre milieu, rappelant que, nés et ayant grandi sur le sol européen, que ce soit en Belgique ou en France, ils sont de ce pays et forment une partie de ce « nous », notre communauté nationale. Saluant la présence de l'imam de Valence, et son appel à une lecture directe du Coran*, en réfutant les amalgames et interprétations fantaisistes,Ismaïl Saïdi invitait chacun à aller de l'avant, à d'avantage de contacts et d'échanges directs en refusant, où que l'on soit, les jugements a priori et les repliements.
    Dans une salle comble, attentive, cette soirée a permis à chacun, d'accord ou pas, de réfléchir à ses propres manières de voir et de juger.

    *comme au 16è siècle , puis lors du concile Vatican 2, d'autres appelaient à une lecture de la bible et non pas à des interprétations fort éloignées de sa lettre et de son esprit.

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  5. J'ai bien aimé ce spectacle qui correspondait, je l'avoue, à mes idées. J'ai bien aimé la salle. J'ai moins aimé les questions qui furent, pour la première et la dernière, plus des monologues que des questions : Deux femmes, la première pas bien dans tête, l'autre, la dernière, pas bien dans sa peau.

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  6. C'est quand un document, ou simplement une idée, est fort, Djihad le fut à sa manière, que viennent en nombre les critiques positives ou négatives.
    Et, bien sûr, c'est quand on accorde à l'opinion la possibilité de s'exprimer, ce qui n'est pas l'objectif de nos presses, nationale, régionale, ou même communale.

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