20171121

1917... c'était il y a cent ans ! (4/4 fin)


LA DROME ET SAINT-MARCEL, TERRE DE REFUGE


La solidarité s’organise, dès 1914, en faveur des populations du Nord de la France et des Belges.
De nombreuses associations, tout d’abord les associations de compatriotes, originaires du même département et agréées par l’État, se constituent pour leur venir en aide car ils manquent de tout : argent, vivres, vêtements, logement, travail.
Des associations philanthropiques ainsi que des associations étrangères ou des ambassades leur apportent aussi une aide.
Dans le but de permettre aux familles de se retrouver, les journaux diffusent des listes de réfugiés avec leur commune de résidence. Ci-contre, un extrait du Bulletin Meusien (édité à Paris) du 20 mai 1915, qui cite Mme Dupuis originaire de Billy-sous-Mangiennes comme résidant à Saint Marcel-lès-Valence.



Le rapatriement des civils sera règlementé par le deuxième accord de Berne, conclu par le gouvernement de la République française et le gouvernement impérial allemand. Il entrera en vigueur le 15 mai 1918.
Cet accord prévoit que les ressortissants d’un état, actuellement internés, ou remis en liberté après avoir été internés, quitteront le pays où ils ont été retenus.
Le retour des réfugiés dans les régions libérées, dès août 1918, est très encadré par les pouvoirs publics et soumis à des règles strictes. Il a lieu très progressivement jusqu’en 1920. Mais dès novembre 1918, le préfet demande aux maires d’indiquer les desiderata des Alsaciens-Lorrains concernant leur retour en Alsace-Lorraine : certains souhaitent partir, d’autres attendent la signature de la paix et d’autres préfèrent rester.
Le versement de l’allocation aux réfugiés est supprimé le 1er mai 1921.
Le Service central des réfugiés au Ministère de l’Intérieur est dissout à la fin de l’année 1922.
Listes par communes des réfugiés inhumés depuis le début des hostilités -1914-1920





DCD
Corps rapatriés

6 août 1920
Saint Marcel lès Valence
3
0
Le maire Bard



Noms
Prénoms
Date et lieu de naissance
Date du décès
Commune de résidence avant la guerre
Observations
Gillet
Frédéric
Né à Sorbey (Meuse) le 01 avril 1845
17 mars 1915
Grémilly (Meuse)

Dupuis
Léontine Ida
1er août 1890 à Billy les Mangiennes (Meuse)
10 octobre ?
Billy

Jacquemot
Louis Léon
Danmartin La Chaussée (Meurthe et Moselle)
30 septembre 1918
Abaucourt par Nomeny (Meurthe et Moselle)
Décédé à Bourg lès Valence inhumé à Saint Marcel



A noter que, sur les trois décès signalés et dont les corps ont été inhumés à Saint Marcel-lès-Valence à cette époque, aucun n’a été rapatrié dans sa région d’origine comme cela était possible.



Le rôle de l’état s’est accru pendant la guerre pour répondre rapidement aux problèmes posés par l’existence des réfugiés.
La direction du Contrôle et de la Comptabilité, au Ministère de l’Intérieur, a édicté des règles spéciales applicables aux réfugiés, tant en ce qui concerne les mesures d’assistance proprement dites, que les mesures administratives. Ces règles seront rassemblées dans un texte unique paru au J.O. du 17 février 1918 (Instructions portant fixation du régime des réfugiés).
Les réfugiés auront été constamment recensés, fichés, par le ministère de l’Intérieur et ils auront dû présenter de nombreux documents justifiant leur origine, leur résidence, leur travail, leurs déplacements.



Remarque : toutes les dates, tous les chiffres, tous les noms sont issus des recherches effectuées par Marie-José Rouffy aux Archives Départementales de la Drôme

Nous tenons à féliciter Marie-Jo Rouffy pour ce travail méticuleux preuve de sa passion pour l’Histoire en général et l’histoire de notre commune en particulier et à la remercier de nous le communiquer.
En conclusion, n’oublions pas que la guerre est encore un sujet actuel et que même si elle ne frappe pas notre territoire, elle fait encore rage dans certaines parties du monde. Aujourd’hui, où tout est globalisé, les réfugiés recherchent, bien au-delà des frontières de leurs pays, la sécurité à laquelle nous aspirons tous.

20171120

"COMPRENDRE COMMENT LES ADOS UTILISENT INTERNET" POUR LES PRESQUE NULS!

 Vendredi soir à la bibliothèque, trois ados de l'Espace Jeunes de la MJC présentaient, avec Aurélien l'animateur, quelques petites vidéo bien senties pour introduire les exposés et l'échange avec les formateurs spécialistes de la question Daniel Salles et Fabienne Leclercq.

Paroles d'ados extraites de MEDIADOS:
"Les inconvénients des réseaux sociaux, si on accepte n'importe qui, ça peut nuire à ta réputation, on peut tout savoir sur toi, on peut modifier tes photos...
- Y a des gens qui étalent toute leur vie, ça peut devenir dangereux...
-Pour faire mes devoirs je vais sur les réseaux sociaux...
- Il ne faut pas passer trop de temps dessus...
- Moi j'ai pas les réseaux sociaux, ça me gène parfois à l'école, on en parle souvent.. Tout le monde parle des RS et toi t'es à part, t'as pas snapchat, instagram....
- Les RS   représentent quelque chose utile: il y a des gens que je n'ai pas vu depuis un certain temps, je peux prendre de leurs nouvelles.
- quand des copains viennent,(s.e. je ne suis pas sur les RS) ils m'apprennent des choses que je ne savais pas, des trucs sur moi,  sur la classe. Je suis un peu au courant, mais pas de la même façon..."

Une source  abondante d'informations et de réflexions fut présentée par les intervenants, ainsi que les ouvrages disponibles à la bibliothèque pour les saint-marcelois intéressés par la question, quel que soit leur âge!
JD

20171119

VENEZ PARTICIPER A LA COLLECTE ANNUELLE DE LA BANQUE ALIMENTAIRE A ST-MARCEL!

Le Centre Communal d’Action Sociale va gérer la collecte de la Banque Alimentaire au magasin LEADER PRICE, le vendre 24 novembre prochain.
Pour se faire, nous recherchons des bénévoles pour accompagner les Elus, ce jour-là.
Toutes personnes intéressées doit se présenter au secrétariat de la Mairie, pour s’inscrire sur un créneau horaire de 1h30 environ.

Nous comptons sur vous.

20171117

1917... c'était il y a cent ans ! (3/4)


LA DROME ET SAINT-MARCEL, TERRE DE REFUGE

Quels sont les moyens de subsistance des réfugiés ?
Le 2 août 1914, le maire de Valence prend un arrêté créant un Comité Général de Secours pour aider les réfugiés.
Pour vivre, les réfugiés peuvent bénéficier de secours en argent et travailler.
Des secours en argent sont distribués à tout réfugié sans ressources. En 1914, le secours journalier est équivalent à celui versé aux femmes de mobilisés, soit 1 fr. 25 pour les adultes et 0 fr. 50 pour les enfants de moins de 16 ans.
Les listes des bénéficiaires sont constamment révisées et en sont éliminés ceux qui cumulent allocations et travail suffisamment rémunérateur.

En principe, « toutes les dépenses relatives aux réfugiés sont à la charge de l’Etat ; mais les communes peuvent et doivent en outre faire largement appel à la bienfaisance privée ».
La Direction du Contrôle et de la Comptabilité, au Ministère de l’Intérieur, répartit les fonds de secours aux populations des régions envahies.
Elle a versé au département de la Drôme 15 400 fr. pour l’exercice 1915 et 15 850 fr. pour l’exercice 1916.
Si la commune ne peut faire l’avance des dépenses, le maire doit demander d’urgence à la Préfecture la somme nécessaire.
Les maires s’adressent aussi au préfet pour obtenir des vêtements, des chaussures, du mobilier, des ustensiles de cuisine, et tout ce qui peut faire défaut aux réfugiés nécessiteux.

De nombreux réfugiés peuvent également travailler et sont, de ce fait, autorisés à se déplacer par le préfet.
Du fait de la mobilisation massive qui a désorganisé l’économie, les ouvriers réfugiés peuvent être sollicités par des établissements industriels qui manquent de main-d’œuvre (À Belfort, dans le Doubs, à Paris, à Valence ou à Romans). Ce sont les sociétés Gilibert et Tézier (fabricant de pâtes alimentaires), la chocolaterie de Tain, les tanneries et fabriques de chaussures de Romans. En octobre 1916, la cartoucherie de Bourg-lès-Valence emploie 15 hommes, 40 femmes mariées et 23 demoiselles.
Les internés civils peuvent travailler à l’intérieur ou à l’extérieur des dépôts, pour les travaux agricoles ou industriels, seuls ou en équipes, avec l’établissement d’un contrat de travail.
Chaque type de travail est rémunéré.
A la demande du ministère du travail, le préfet recense les chômeurs qui recherchent une occupation et établit une liste par profession. Ce sont essentiellement des ajusteurs, des tisseurs, des mineurs, des métallurgistes.
L’office départemental de placement tente de leur trouver un travail mais souvent les emplois offerts ne correspondent pas à leurs aptitudes ou à leur ancienne profession. On leur propose surtout des emplois dans l’agriculture ou comme domestiques.
En avril 1918, l’armée américaine fait appel, elle aussi, « aux travailleurs inoccupés ».

Ci-dessous, retranscription de la réponse faite sur papier libre suite aux instructions préfectorales du 17 août 1915


Liste des réfugiés ayant droit à la répartition des fonds de secours, « entièrement dignes d’intérêt »



Saint Marcel lès Valence
10 09 1915



1e catégorie : vieillards
Clarenne Jules 66 ans 10F
Clarenne Joséphine 65 ans
2e catégorie :
Gillet Berthe 2 enfants 20F
Chrétien Célestine 3 enfants 20F
Rollin Eugénie 3 enfants 25F
Dupuis Maria 3 enfants 20F
3e catégorie : familles laborieuses et dignes d’intérêt :
Rollin Eugénie
Gillet Berthe















Après le 15 juin 1920, on retrouve un avis favorable pour le maintien de l’allocation pour la famille Gincourt Justin, réfugiée en provenance de Pillon (Meuse) et demeurant à Saint Marcel-lès-Valence.
A suivre - Episode 4 le 21 novembre