Le Blog des habitants de St Marcel lès Valence
et des territoires environnants

1917... c'était il y a cent ans !



Cent ans, c’est peu et c’est beaucoup. Il y a cent ans, naissait mon grand-père ou ta grand-mère, ou même peut-être votre mère ou votre père. Il y a cent ans, notre pays était en guerre, celle qu’on nomme « la grande guerre » tant elle fit des dégâts en nombre de morts. La guerre se situait aux frontières mais notre département, la Drôme, a également joué son rôle dans l’histoire. Fidèle à sa situation géographique qui en fait un lieu de passage quasi obligé, notre département a accueilli des réfugiés. Dans le cadre d’un colloque qui s’est tenu en 2014 notre département a même été qualifié de « front de l’arrière » tant sont rôle était important.

Marie-José Rouffy, habitante de notre commune de Saint Marcel-lès-Valence, dans le cadre de ce colloque a effectué de nombreuses recherches aux archives départementales. Son travail  a été publié dans les actes du colloque de Valence intitulés « La Drôme et la grande guerre » et publiés en octobre 2014, dans le chapitre « la Drôme terre de refuge  *» par le Comité Départemental d’Histoire de la Guerre de 14-18.
Elle nous en a confié un résumé pour que nous puissions , à notre niveau, participer à ce devoir de mémoire. Vous retrouverez donc, en quatre épisodes le résultat de ces travaux avec les chiffres ou les remarques qui concernent plus particulièrement notre commune de Saint Marcel-lès-Valence. Si ce « reportage » vous parle, n’hésitez pas à vous faire connaître, c’est avec plaisir que nous échangerons sur ce sujet.

*Chapitre de l’ouvrage collectif : La Drôme et la Grande Guerre – Un département du « front de l’arrière ».



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LA DROME, (et Saint-Marcel)TERRE DE REFUGE

Quelles sont les populations déplacées ?
Dès les premiers jours de la guerre [rappel : déclaration de guerre de l’Allemagne à la France le 3 août 1914], des vieillards, des femmes et des enfants, des départements du Nord de la France et de Belgique, fuient de leur propre chef l’avancée allemande.
En même temps, l’armée française évacue de force, par trains spéciaux, les populations se trouvant dans les places fortes et la zone des combats.
Le 17 août 1914, soit 2 semaines après l’entrée en guerre, le préfet de la Drôme recense 1 481 réfugiés.
Le 10 décembre 1914, 3 000 étrangers sont « arrivés [à Montélimar] depuis le début des hostilités ».
Quant à l’Allemagne, entre 1914 et 1918, elle déplace Outre-Rhin les Français qui se trouvaient sur son territoire à la déclaration de guerre ou qui habitent les zones conquises lors des premières opérations militaires. Ces internés civils font un séjour de plusieurs semaines dans des camps de rétention.
En décembre 1917, grâce aux accords bilatéraux signés à Berne entre les pays belligérants voisins de la Suisse, des civils non mobilisables, (c’est à dire les femmes, les enfants, les adolescents de moins de 17 ans et les hommes malades, infirmes ou âgés de plus de 60 ans), peuvent rentrer dans leur pays d’origine.

Ci-dessous, retranscription du rapport manuscrit du maire de Saint-Marcel lès Valence, J. Bleton, sur la situation sanitaire des réfugiés
«  Le huit février 1914, trente réfugiés ont été dirigés sur la commune de Saint-Marcel lès Valence.

A cette époque la plupart étaient atteints de bronchite, de dysenterie et couverts de vermine.

Aujourd’hui la population de nos émigrés est très bien portante et en bon état d’hygiène.

Depuis le 8 février, cinq émigrés ont quitté la commune, deux ont été adressés à l’hospice de Valence, deux ont été rapatriés sur Paris, une autre sur Lyon.

D’autre part il nous est arrivé trois nouveaux émigrés dont l’un a succombé le surlendemain de son arrivée.

Notre population émigrée compte donc actuellement 27 personnes, vieillards, femmes et enfants.

Tous sont bien portants et remis de leurs souffrances.

Cependant, je dois signaler parmi eux, la présence de deux anormaux : les frères Mulot âgés respectivement de 16 et 18 ans, le rapport du docteur vous renseignera sur leur compte.

En somme, la situation est très satisfaisante, tous sont bien nourris, bien traités et satisfaits. »


1917... c'était il y a cent ans ! 1917... c'était il y a cent ans ! Reviewed by Riette on samedi, novembre 11, 2017 Rating: 5

2 commentaires:


  1. Merci. Belle initiative que la vôtre. Difficile d'envisager de résumer un carnage pareil. Je frissonne quand je lis replis, refuge, l'arrière .... Quelle idée que ce titre, en principe, le 'front' est devant soi quand on ne se sauve pas, enfin je crois. Mon grand père brancardier de la Somme (qui n'a pas été fusillé pour l'exemple) ne m'en a dit que deux mots. Je constate, je n'accable pas, je n'y étais pas.
    J'attends ce qu'on va me dire des officiers responsable de ce front (et par voix de conséquence de notre département), de Joffre dont il m'a parlé longuement !

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  2. 14-18, le 11 novembre !
    Depuis que je fus d'âge à porter le fusil pour d'autres qui ne veulent pas y toucher, j'ai toujours considéré que ces commémorations sont de sinistres et malhonnêtes récupérations sur le dos des morts.
    Laissons nos morts enterrer leurs morts.
    Le 11 novembre :
    Ah ! La belle cérémonie !
    Serait dommage qu’on la nie !
    Des fleurs partout, des larmes.
    La fleur au canon de l’arme.
    Ah, 14-18, quelle belle affaire,
    Cela valait le coup de la faire !

    Merci au blog pour votre travail d'histoire.


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